Aujourd'hui le langage courant a vulgarisé le terme «
métaux lourds », englobant à tort un grand nombre de
métaux : mercure, plomb, nickel, cadmium, aluminium, bismuth,
titane, cuivre, thallium, étain, etc.
Le terme « métaux lourds » a été introduit historiquement au début du XXe siècle et ne comportait à l'époque que le mercure, le plomb et le cadmium. Depuis, leur toxicité a été abondamment démontrée ainsi que celle de nombreux autres métaux appelés « métaux traces » comme par exemple l'étain, le titane et l'aluminium ou le nickel qui peuvent également avoir des effets dévastateurs sur l'organisme quand ils y sont accumulés.
Si certains autres métaux sont indispensables au fonctionnement enzymatique du corps, leur surcharge déclenche des réactions toxiques. Ces réactions les apparentent au mode d'action des métaux lourds, d'où leur classification « infidèle ». Les mélanges de métaux accentuent encore leur toxicité dans l'organisme.
Les pathologies engendrées par les métaux lourds sont très souvent de nature dégénérative (diminution des facultés cognitives, Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie, etc.).
Les métaux lourds sont chimiquement très réactifs. Par exemple le mercure, le plus réactif d'entre eux, prend la place des oligo-éléments essentiels aux enzymes, au niveau des cellules. Cette substitution a pour effet d'inhiber ou d'inactiver de nombreuses enzymes.
Le zinc, le calcium, le sélénium, le magnésium, le fer, comme les autres oligo-éléments, ne sont pas toxiques, sauf à des concentrations élevées (surtout le fer) quand ils ne sont plus utilisés correctement par les cellules. Ils jouent un rôle de catalyseurs dans beaucoup de fonctions enzymatiques. Le catalyseur est le démarreur du moteur enzyme : sans le catalyseur, pas de démarrage et donc pas d'activité enzymatique.
Cela devient grave quand par exemple l'enzyme en question joue un rôle essentiel dans la dégradation du gluten, de la caséine ou d'autres aliments. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'un aliment mon toxique qui n'est plus métabolisé correctement devient toxique pour l'organisme.
Exemple : la mauvaise dégradation de la gliadine, dérivée du gluten, produit de la gliadinomorphine (ou encore dite glutenmorphine), une substance intermédiaire très toxique qui interagit au niveau des communications entre neurotransmetteurs et neurorécepteurs, pouvant déclencher des pathologies telles que hypo et hyperactivité, dépression, schizophrénie, autisme, épilepsie.
De même les casomorphines (issues d'une mauvaise dégradation de la caséine du lait) provoquent toute une série de maladies respiratoires chroniques ORL (otites, bronchites, sinusites, asthme), de dermatoses et même des problèmes de vue.
Le fait que le mercure se substitue aux oligo-éléments est doublement trompeur : le mercure ainsi lié aux enzymes n'est plus détectable car il n'est plus sous sa forme libre. Par contre, les oligo-éléments sont passés de la forme liée aux enzymes à une forme libre. On va donc les doser en plus forte concentration et, sachant que les oligo-éléments sont bons pour l'organisme, on sera tenté, à tort, de dire que la personne est en excellente santé car ayant une grande quantité d'oligo-éléments en circulation (que l'on peut doser dans les cheveux), alors que celle-ci est en fait secondaire à une intoxication d'un métal lourd !
On comprend mieux maintenant l'action très insidieuse du mercure dans le corps. On peut très bien détecter, chez une personne, pourtant souffrante, de grandes quantités d'oligo-éléments et très peu, voire pas du tout, de mercure. Si on arrête là le diagnostic, faute de trouver un coupable, on va coller au mal une étiquette psychosomatique alors que la vraie cause est d'ordre organique. D'où l'importance d'analyses bien ciblées et bien interprétées.
Le mercure est utilisé dans l'industrie de la peinture, des pesticides et des médicaments. On en trouve également dans les thermomètres, baromètres, appareils à pression, thermostats, etc. Le mercure sert aussi dans la fabrication des piles (en grande concentration dans les piles plates pour montres, par exemple) et il est utilisé tous les jours par votre dentiste. Toutefois, on considère l'usage de pesticides contenant du mercure et les usines produisant de la soude caustique ou du chlore comme les principales sources non naturelles de contamination des cours d'eau par ce produit.
Le mercure s'absorbe par la peau, la bouche et les poumons, et c'est le seul métal qui soit liquide et qui s'évapore à la température de la pièce. Ainsi, si vous cassez un thermomètre au mercure, il est important de vous souvenir que vous pouvez être contaminé même si vous n'y touchez pas: vous pouvez respirer les vapeurs. Une pièce contaminée peut le demeurer très longtemps si on ne procède pas à une décontamination en règle. Toutefois, la contamination de la population se fait plutôt par voie digestive, principalement par la consommation de poisson. En effet, le mercure (naturel ou de source industrielle) dispersé un peu partout dans l'environnement sera transformé dans les lacs et autres cours d'eau par des bactéries en une autre forme de mercure, le méthylmercure. Il sera ensuite concentré par certaines algues jusqu'à 1 000 fois sa concentration originale. Par la suite, le cycle continue: des petits poissons mangent ces algues, et sont eux-mêmes dévorés par de plus gros. Les humains qui consomment ces poissons peuvent être exposés à des concentrations de mercure très élevées. C'est ce qu'on appelle de la bioaccumulation. Plusieurs études ont été menées à ce sujet, notamment au Québec, où la décomposition des terres inondées dans les réservoirs des barrages hydro-électriques ont particulièrement exposé au mercure les populations autochtones du Nord.
On considère habituellement qu'une exposition importante donnera surtout des symptômes en relation avec la bouche, les reins, le système respiratoire et le système digestif, alors qu'une exposition plus prolongée à de faibles doses donnera plutôt des symptômes en relation avec le système nerveux et touchant les émotions et la mémoire. Il est important de souligner que le mercure peut passer du sang de la mère à celui du bébé pendant qu'elle le porte ou l'allaite. Des effets souvent irréversibles peuvent ainsi affecter le système nerveux de l'enfant. Celui-ci pourra entre autres être atteint de paralysie cérébrale, de mouvements involontaires et d'une diminution de la vue et de l'audition. Des programmes de surveillance existent déjà pour les populations qui sont exposées à des niveaux élevés de mercure.
Les symptômes d'intoxication par le mercure sont : la fatigue, les maux de tête, les pertes de mémoires, la dépression, l'irritabilité, l'insomnie, l'instabilité émotionnelle, la nervosité, l'inquiétude, l'engourdissement et les picotements des lèvres, des mains, des pieds, la faiblesse, les difficultés d'audition et d'expression orale.
Malheureusement, on retrouve aujourd'hui le plomb un peu partout dans notre environnement, que ce soit dans l'eau, l'air, le sol, ou même dans notre nourriture. Les groupes les plus à risque d'exposition au plomb sont les enfants qui vivent dans les vieux quartiers des centre-villes. Les principales sources de contamination au plomb sont principalement : les mines, les usines, les peintures à base de plomb dans les maisons anciennes, l'essence, la pollution et la consommation de boites de conserve soudées à l'alliage plomb-étain.
Le principal effet du plomb sur le système sanguin est le blocage de certaines réactions chimiques nécessaires à la formation des globules rouges, ce qui peut conduire à l'anémie.
Au niveau du système nerveux central, les symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent varier depuis les maux de tête, étourdissements, sommeil agité, état apathique, agitation fébrile, irritabilité excessive, état dépressif, de la difficulté à se concentrer pertes de mémoire ou agressivité jusqu'aux convulsions et au coma. Les manifestations au niveau du système nerveux périphérique, qui contrôle les membres, sont principalement une perte de force motrice; l'exemple classique de ce type d'affection est le « poignet tombant », c'est-à-dire l'incapacité, due à un manque de force, de relever son poignet.
Les symptômes observés au niveau du système digestif ne sont pas spécifiques au plomb eux non plus; il s'agit parfois de nausées, d'une perte d'appétit et de poids, d'une difficulté à digérer et de malaises dans le creux de l'estomac.
Plusieurs études ont démontré que le plomb a un effet toxique sur la formation des spermatozoïdes, ce qui peut conduire à une diminution de leur nombre, et, éventuellement, à une diminution de la fertilité. L'exposition au plomb a aussi été reconnue responsable de mortalité chez les foetus et d'avortements spontanés. .
Chez les enfants, l'intoxication par le plomb est souvent la cause de l'hyperactivité, des difficultés à étudier et des problèmes de comportement.
Un excès d'aluminium dans l'organisme peut provenir de l'utilisation de plats de cuisson en aluminium, de la consommation fréquente de pansements gastriques anti-acides, de l'eau de certaines régions ou bien de l'aluminium contenu dans l'atmosphère. L'aluminium, très peu absorbé au niveau de la paroi intestinale, se dépose par contre sous forme de sel d'aluminium au niveau du cerveau et récemment a été mis en cause comme un des facteurs de certaines dégénérescences du cerveau.
Le cadmium est utilisé dans une multitude d'industries dont la principale est celle du recouvrement des métaux pour empêcher la corrosion (rouille). Cette industrie consomme une bonne partie de la production mondiale de cadmium. On se sert du cadmium dans de nombreux alliages, ainsi que pour la fabrication de piles, de câbles, de roulements à billes, de bâtons de soudure, de fluorescents, de colorants, de médicaments et de pesticides. La cadmium est aussi présent dans certains engrais et on le retrouve en quantité importante dans les feuilles de tabac. La combustion du charbon et du pétrole contribue à l'accumulation du cadmium un peu partout dans l'environnement. Une fois déposé, le cadmium est absorbé par les plantes, dont certaines sont destinées à la consommation humaine, comme le blé ou les légumes; d'autres plantes contaminées serviront de nourriture à des animaux qui concentreront alors le cadmium dans leurs organes. Les abats (foie, rognons) sont les parties comestibles de l'animal qui représentent le plus grand risque pour les humains.
L'exposition à des doses parfois faibles pourra quand même avoir des conséquences importantes pour la santé. Ainsi, en plus de ses effets irritants pour le nez, le système respiratoire et le système digestif, le cadmium pourra avoir des effets plus spécifiques sur les reins, les os et les poumons. Les personnes ayant une alimentation riche en abats (particulièrement de certains gibiers) et qui fument en plus risquent davantage d'être affectées par ce métal.
On retrouve l'arsenic dans l'industrie des colorants, du verre, de l'empaillage des animaux, de la métallurgie et de l'agriculture. L'arsenic est aussi présent dans la fumée de cigarette. Les poissons de mer (principalement) et les crustacés en contiennent, mais sous une forme peu toxique. L'arsenic se retrouve aussi dans l'eau de surface ou souterraine de certaines régions, et peut parfois dépasser la norme sécuritaire pour l'eau potable; il provient principalement de l'érosion naturelle des surfaces rocheuses, mais aussi des résidus miniers. Ce métal se retrouve ainsi présent un peu partout dans notre environnement, que ce soit dans l'air, dans l'eau, dans le sol, et même dans la nourriture. On considère que l'homme ingère chaque jour une petite quantité d'arsenic. Son organisme peut en inactiver et en éliminer une grande partie, mais le reste s'accumulera dans ses reins, son foie, ses os et sa peau.
Les principales manifestations rencontrées lors de l'exposition à de faibles concentrations d'arsenic durant de longues périodes toucheront la peau, les muqueuses, le système nerveux, le foie et le système vasculaire. Plusieurs de ces manifestations sont en relation avec l'effet irritant de l'arsenic. Ce métal est aussi un cancérigène connu.
Il est évidemment difficile d'avoir un contrôle sur tous les aliments que nous achetons, mais tout le monde est en mesure de laver soigneusement les légumes et les fruits achetés pour éliminer les pesticides qui pourraient contenir de l'arsenic ou d'autres produits nocifs.
Sources : Ecoroute : Ma santé, mon environnement et ELKE AROD ( extrait d'un article paru dans Biocontact. Déc. 2002 )
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